yin yang
Réflexion

Dualité et Unité : Les Paradoxes du Taoïsme

Cette semaine, je souhaite vous parler des idées. Des concepts. Des relations qu’ils entretiennent entre eux, leurs paradoxes et surtout, comment les unifier à travers le taoïsme.
Précisons que je ne vais aborder que la partie « relativiste » de cette philosophie, elle a cependant d’autres aspects pratiques et traditionnels qui ne sont pas le sujet de cet article.

 

Dans nos esprits occidentaux, le monde est empreint de dualisme, de manichéisme presque. Il y a d’un côté ce qui est bien, et de l’autre mauvais. La gauche et la droite, le haut et le bas, la société et la nature, la sincérité et l’hypocrisie…  La liste semble infinie. Les seules notions qui échappent à cette règle sont les lettres, les couleurs, les nombres et tout ce qui se présente sur une échelle, sur un continuum.

Le taoïsme n’est lui pas aussi tranché.

 

Pour le comprendre, observons le taijitu, le « symbole du yin et du yang ». Au-delà d’un symbole, il sert également de compas, ou de carte, pour adopter un cheminement de pensée spécifique. Traditionnellement, le yin est l’énergie de l’obscurité, la féminité, l’humidité, l’enfouissement. Le yang est lui l’énergie masculine, la lumière, l’activité, la sécheresse.

On observe sur le symbole que les deux notions sont comme en mouvement l’une vers l’autre, elle s’imbriquent parfaitement pour former un cercle parfait.

Elles se complètent.

 

Sur le symbole, chaque concept contient un peu de son opposé en lui.

Ce qu’il faut en déduire, c’est que le yin ne serait pas le yin sans la part de yang qui la compose. Et la réciproque est tout aussi vraie.

Ils sont interdépendants.

 

A partir de ces deux idées, il apparaît que si yin et yang sont complémentaires et interdépendants, ils sont alors un, tout en étant deux. C’est la particularité de cette philosophie, il n’y a pas d’opposition.

 

Pour ceux qui n’arriveraient toujours pas intégrer cette façon de penser, je vais aller encore un peu plus loin. Lorsque’il y a quelques années je faisais des recherches sur le taoïsme, je suis tombé sur un exemple parlant que je vais tenter de décrire. Imaginez un pendule. Il va vers la droite, reste quelques instants (des dixièmes de seconde) immobile, puis repart vers la gauche. Imaginez maintenant que le yin soit le mouvement et le yang l’immobilisme. (Pour les taoïstes ce serait le contraire mais cela n’a pas d’importance.) Le pendule ne pourrait faire son mouvement sans le court instant d’immobilisme qui le précède. A vitesse accélérée, nous verrions le pendule bouger sans interruption, comme s’il n’était que mouvement, au contraire, si nous prenions une photographie, il nous semblerait qu’il n’y a qu’immobilisme. Finalement, c’est une question de référentiel. Il n’y a pas de séparation entre les deux, c’est un flot continu.

 

Maintenant, nous n’avons plus qu’à remplacer le yin et le yang par d’autres concepts que notre conditionnement nous a appris à voir comme opposés, et c’est ainsi que le taijitu nous sert de boussole.

 

Hypothèse : le yin sera le mal, et le yang le bien (ou vice versa).

Résultat : le bien et le mal se complètent. Dans un monde où tout serait bien, comment pourrions nous « savoir » ce qu’est le bien ? Il faut un point de référence. Ils ont besoin l’un de l’autre pour exister, car si le bien n’existait pas, le mal ne pourrait se définir. Rappelons-nous aussi du petit point blanc dans l’obscurité et du noir dans le blanc du symbole. Nous pouvons affirmer que le bien comporte toujours une part de mal en lui. Par exemple, un pays qui pour se défendre d’une agression utilise la force. Il se peut même que ce pays se retrouve en position d’agresseur. Le bien devient alors le mal.

Tout est relatif.

 

Néanmoins, si tout est relatif, si tout dépend du point de vue, s’il n’y a pas de séparation, d’opposition, rien n’est indépendant… Alors rien n’aurait de sens ? C’est le risque des philosophies de la relativité, elles glissent doucement vers le nihilisme.

Personnellement, pour sortir de ce piège, j’ai décidé que j’étais mon propre point de référence et que je décidais ce qui était bien ou mal, je décidais de ma morale. C’est ce qui m’a lancé sur des recherches de mission de vie et de sens de la vie, mais je vous laisse vous reporter aux articles précédents.

 

Je vous laisser méditer sur les autres notions opposées comme « l’amour et la haine », « la justice et l’injustice », « la vie et la mort », « l’existence ou la non-existence de dieu » etc… C’est quelque peu ludique et qui permet de comprendre le monde avec plus de profondeur.

 

J’espère que cet article un petit peu technique vous permettra de vous ouvrir à une nouvelle façon de penser, et qu’elle vous permettra de relativiser lors de situations difficiles.

 

Bonne semaine les humains quantiques,

 

Namasté,

 

Flavien M.

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