Mode de Vie

Nature, Ecologie et Spiritualité

« Nous autres les indiens avons toujours aimé et respecté la nature. Que des hommes tentent de la modifier nous préoccupe énormément. Sachez qu’il est toujours plus difficile de rétablir l’équilibre naturel que de produire un déséquilibre. L’homme n’est pas né sur Terre pour corriger la nature mais pour en être le fidèle gardien. » –  Chef Longbull

La culture occidentale est une exception dans l’histoire de l’humanité à plus d’un titre.

Les origines de ces différences peuvent se trouver notamment dans le Christianisme car la Genèse établit une domination de l’Homme sur la Nature tandis que les autres civilisations ont gardé un respect sacré pour cette dernière. Pour les premiers, les animaux, les végétaux, les éléments ne sont que de simples choses ; pour les seconds ceux-ci font partie du tout qui est la Conscience Universelle.

Namasté ! Dans l’article de cette semaine nous étudierons les différentes attitudes de l’Homme face à la Nature et en tirerons les qualités nécessaires pour vivre en harmonie avec elle.

 

La Domination de l’Homme sur la Nature

Associer écologie et spiritualité peut paraître surprenant de prime abord mais les religions ont toujours eu pour vocation de révéler la raison de l’existence de l’Homme, sa place dans l’environnement et donc les rapports qu’il doit entretenir avec ce dernier. C’est ce que les penseurs occidentaux ont défini comme l’ordre naturel des choses.

Ce concept, qui a trouvé son paroxysme dans la récupération des théories darwiniennes de la survie du plus apte, est devenu une justification pour asseoir plusieurs dominations : celle de l’Homme sur la nature, de l’Homme sur l’homme, de l’Homme sur la femme… Mais au-delà de cette théorie, c’est l’idée même qu’une domination doit s’établir qui est à remettre en cause. Mais après tout, cette idée est écrite dans la Genèse de la civilisation occidentale.
Cependant, si domination il y avait, elle était encadrée par la morale religieuse, autorisée par Dieu, donc le but de l’existence n’était pas simplement cette délectation mais de préparer son passage vers l’au-delà. Le monde était un don et une épreuve à réussir sans succomber à la tentation.

Le progrès scientifique, pénétré de cette même idée car issu de la même culture, a ensuite supplanté la religion en dépeignant un monde froid, matérialiste et sans âme. Au fil des siècles la science a désenchanté le monde en donnant des explications rationnelles pour tous les phénomènes qui le traversent et au-delà. Si une moindre once de sacré subsistait toujours dans la nature vue par la religion, elle n’est à présent qu’une machine animale, végétale et minérale à exploiter jusqu’à ce que mort s’en suive. Le but est maintenant de créer un monde de confort, de paix et d’opulence car sans religion, sans spiritualité, rien d’autre n’a d’importance que cette jouissance.

Pourtant il ne faut pas s’y méprendre, la science est devenu le chantre d’une nouvelle religion.
C’est le Scientisme – à ne pas confondre avec la scientologie – dont objet de la croyance est le Progrès ; l’amélioration continue et infinie de la condition des Hommes sans les conséquences des actions qui mènent à cette amélioration. Et lorsque les conséquences deviennent trop visibles, impossibles à ignorer, la croyance devient que le Progrès va résoudre tous les problèmes qu’il a créé.
Et le serpent se mord la queue.
Pour le moment en tout cas, les grandes solutions qui sont proposés pour ralentir la tendance à la pollution induisent encore plus de pollution sur le long terme. Prenons le cas des véhicules électriques : produire une batterie demande quantités de métaux rares qu’il faut extraire en utilisant les machines qui existent, celles qui polluent. Recharger ces batteries demande de l’électricité. Quelle sera son origine ? Le nucléaire produit des déchets dont on ne sait que faire, le charbon émet du gaz à effet de serre… Et pour couronner le tout, une fois les batteries usagées, leur recyclage est plus coûteux en énergie et pour l’environnement…[1]

L’objet n’est pas ici, comme Montaigne en son temps, d’opposer le progrès ou la culture corrompue à une nature prétendument pure et parfaite. L’Homme est issu de la nature, et donc d’un certain point de vue tout ce qu’il produit ou fait peut-être qualifié de « naturel ». Essayons au contraire de dépasser le dualisme : il n’y a pas de supériorité de l’un ou de l’autre car finalement il n’y a pas de différence entre les deux. Cela étant dit, nous constatons que la nature est basée sur une harmonie, un équilibre et que l’action de l’Homme moderne a profondément perturbé cette écologie. Vu que de l’état de santé de la Terre dépend l’existence de toutes les espèces, nous devrions en prendre soin plutôt que l’ignorer. Cette attitude de domination vis à vis de la nature est maintenant la posture majoritaire de tous les hommes et il est de notre devoir en tant qu’espèce tout autant qu’individu, de prendre conscience de ces conséquences.

 

L’Harmonie de l’Homme et de la Nature

Pendant des siècles l’Homme eu conscience de l’ordre naturel des choses, de sa coexistence avec la nature, de leur interdépendance profonde. Car son expérience lui avait permis de comprendre sa fragilité, qu’il n’est rien sans la Terre.

Pour les anciennes civilisations, la nature abritait des esprits, tels des fragments de divinités, sources de respect et d’affection. Offenser ces esprits était risquer de s’attirer le courroux des êtres dont dépendaient leurs récoltes, leur chasse, leur sécurité… Ainsi Dieu était dans tout : du grain de sable à la montagne, de l’insecte à l’éléphant, de la graine à l’arbre millénaire. Le commandement qui se retrouve dans toutes les religions et les spiritualités est d’aimer Dieu de tout son être. Et si ce dernier se trouve en tout, alors Tout est Dieu et doit être aimé avec la même intensité.

Cet Amour Universel est à l’origine du respect, de l’émerveillement et de l’humilité face à la nature qui ont été perdu. Développons brièvement chacun de ces éléments en retirant des enseignements dans notre vie de tous les jours.

Le respect

Si une chose est sensible, consciente, alors la pratique spirituelle dicte de la traiter avec la considération d’un ami ou d’un amant car le déni ou la cruauté envers l’un est le mépris du Tout. « Se penser isoler c’est se tromper » avions-nous écrit dans l’un de nos premiers articles. Enfin, le monde est notre miroir alors le dédain de la nature est le dédain de notre propre personne. Polluer notre environnement c’est avoir une bien basse opinion de nous-mêmes, de nos ascendants et de nos descendants.
Cependant, même les choses dites « insensibles » tels les minéraux font partie du tout et participent à l’harmonie générale.

L’émerveillement

Chaque chose est un miracle, au même titre que notre propre existence. Le moyen le plus simple d’instaurer plus de respect selon nous est d’ouvrir les yeux et se rendre compte de l’improbabilité de toutes les choses. Un arbre aurait pu ne pas pousser, un animal aurait pu finir dans l’estomac d’un prédateur, et vous-mêmes dépendez de la rencontre fortuite de milliers et de milliers d’hommes et de femmes qui auraient pu tout aussi bien ne jamais se croiser. Tout se joue à un détail près, et c’est la raison pour laquelle chaque détail qui nous entoure mérite notre plus grand respect, notre plus grand amour.
Rien n’est à prendre pour acquis.
D’ailleurs, les expériences mystiques que chacun peut vivre partent d’un sentiment d’unité et d’émerveillement face à la nature. Dans ces instants une énergie puissante nous traverse tandis que nous sommes bouleversés par la beauté subtile de la réalité.

L’humilité

L’Homme est un animal – certes doté de facultés mentales uniques – mais autrement n’ayant que peu de différences avec les autres mammifères. S’il survit, c’est grâce à l’équilibre de toutes les autres espèces notamment végétales, aux conditions climatiques et même à la présence des minéraux qui ensemble préparent son environnement de sorte à ce qu’il lui soit propice. C’est donc une attitude de gratitude qui doit l’habiter face au présent que la nature lui fait.
L’humilité se traduit également par une recherche de simplicité. Nous évoquions plus tôt la quête de jouissance personnelle qui obscurcit toute considération sur ses conséquences. Comme nous oublions facilement que manger n’est pas se nourrir, consommer n’est pas exister et posséder n’est pas prospérer (ou plutôt si, mais seulement individuellement. Et d’un point de vue matérialiste. Qu’en est-il de l’Esprit ? Que dire de notre âme ?). Lorsque nous nous souvenons de ces nuances, nous pouvons accueillir le fait de n’acquérir que ce qui est nécessaire à notre survie car nous pouvons nous contenter de tout, et donc de rien.

Ainsi, l’Homme moderne gagnerait à retrouver ne serait-ce que partiellement les qualités des anciens. A se rappeler que sa vie n’est pas seulement la sienne, mais qu’elle appartient aux autres et à la Terre. Son existence même, chacun de ses choix engendrent des conséquences qui se répercutent à travers le temps et l’espace. Cette conscience aiguë de son pouvoir implique de se détourner de la recherche effrénée du confort dès que celui-ci risque de créer la souffrance d’êtres vivants ou non. Car agir autrement c’est affirmer que sa vie vaut plus que toutes les autres. C’est condamner d’innombrables existences sans autre forme de procès ; ce qui est l’antithèse de l’amour.

Le fameux royaume des cieux est ici et maintenant, à l’intérieur de nous comme à l’extérieur. Nous pouvons tous l’atteindre en ouvrant nos cœurs et nos yeux.

 

J’espère que cet article vous a plu ! Je vous laisse tirer les conclusions de ce qu’impliquent plus de respect, d’émerveillement et d’humilité pour la nature. Le but comme toujours n’est pas de culpabiliser mais de responsabiliser. Chacun doit agir selon sa conscience et ses capacités.

Pour ceux qui ne savent pas où commencer ou qui ont besoin de soutien sur ce chemin de la responsabilité, je vous oriente vers nos amis de l’association Futurable !

Je vous envoie un déluge d’amour !
Namasté.

Flavien M.

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PS : pensez à nous soutenir, chaque geste compte !



 

 

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