Réflexion

La Kabbale, la Science du Mysticisme

Des siècles avant le Premier Testament, avant les premières religions, les Hommes se sont interrogés sur leur place dans l’univers.

Durant ces temps immémoriaux, une discipline est apparue dont le but est de dévoiler le sens de la vie, diffusée à l’origine librement à tous ceux qui ressentaient le besoin de la découvrir. Et puis au fil du temps, l’humanité a développé une mentalité qui l’a empêché de comprendre cette discipline, ainsi elle fut transmise seulement aux plus méritants et prit le nom de « vue cachée », de « sagesse cachée ». Elle prit le nom de Kabbale.
De nos jours, après plus de deux millénaires d’enseignement caché, son savoir s’est à nouveau ouvert à ceux qui ressentent le désir de l’étudier.

Namasté ! Cette semaine nous allons étendre un peu plus notre conscience en nous familiarisant avec les concepts de base de la Kabbale. Notons bien que cet article ne sera qu’une introduction et que l’étude et la compréhension de la kabbale en elle-même est un travail long d’une vie.

La Science du Mysticisme

Tout d’abord la Kabbale fut une tradition orale puis un ensemble de textes cryptés, recelant différents niveaux de compréhension. Tout y est allégorie et métaphore, et sa compréhension permettrait d’apporter une lumière nouvelle aux images et symboles de l’ancien testament.
Les liens qu’elle entretien avec la religion juive ne sont autre que beaucoup de kabbalistes ont été de cette religion, en réalité tout un chacun peut l’étudier. Elle n’a rien d’occulte ou de magique, mais elle est un mysticisme car elle offre un itinéraire spirituel, des indications sur l’état d’esprit, l’état d’être nécessaire pour discerner la réalité invisible, supérieure, à l’origine de la réalité visible.
Enfin, la « sagesse secrète » se veut une science en raison de toute sa documentation et sa recherche des moindres inclinaisons du cœur de l’Homme et ce qui lui manque pour se rapprocher de l’invisible.

La Kabbale affirme que nous vivons dans un monde de conséquences, d’effets, tel les branches d’un arbre. Rien de ce qui se passe dans le monde des branches n’influe sur celui des causes, qui serait le monde invisible des racines. Pour cette raison, l’humain n’aurait qu’une vision partielle de la réalité. Nous ne pouvons pas savoir avec notre conscience normale ce que nous sommes, où nous sommes, ce qui va se produire, quand, pourquoi…
Mais au contraire, parvenir à se connecter aux mondes spirituels nous permettrait d’être dans le savoir parfait et le bonheur infini.

Cependant, pour cette discipline, les mondes spirituels nous sont cachés à dessein par ce qui est nommé le Créateur. Le but et le sens de l’existence serait pour l’être vivant, la Créature, de se remplir de joie infinie. De lumière. Cette direction est l’explication de tout ce qui est arrivé, tout ce qui est et tout ce qui arrivera.

La Créature et la Volonté de Recevoir

Selon les textes cryptiques, la Créature ne dispose à l’origine pas de sens capable de percevoir le monde spirituel qui l’entoure. Lorsqu’elle perçoit un objet via l’un des cinq sens classiques, peu importe leur sensibilité, elle utilise comme un transducteur qui transforme l’information en quelque chose qu’il puisse discerner. L’information passe ensuite par un programme dans notre ordinateur biologique nommé « égoïsme » pour ensuite catégoriser l’information, et l’assimiler.
C’est donc ce programme qui définit notre réalité. Il définit tout mouvement de l’esprit ou du corps à partir de la croyance d’un manque, d’un inconfort pour former un besoin, un désir.

Les désirs de la Créature peuvent être classifiés dans un ordre du plus petit au plus grand :

1 – Les besoins de sécurité, de nourriture, de reproduction.
L’esprit humain a du mal à se développer lorsqu’il lui manque ces trois aspects essentiels.

2 – Le besoin de richesse.
Décrit comme l’opulence des besoins vitaux précédents.

3 – Le besoin de pouvoir.
Qui est le contrôle de la richesse et éventuellement de la richesse des autres.

4 – Le besoin de savoir.
Ce besoin apparaît lorsque la Créature a rempli les désirs précédents. Il commence à chercher plus mais il ne sait pas exactement quoi. Il se tourne vers la science, l’art, la religion.

5 – Le besoin d’élévation.
Une fois sa curiosité remplie par les choses du monde des branches, un manque nouveau, infini, qui ne peut être comblé que par une expérience directe du monde spirituel se créé. Ce désir, nommé Israël, a été placé par le Créateur dans le cœur de la Créature et va transformer tous les autres besoins pour qu’ils prennent des propriétés similaires.

Ainsi, les besoins et désirs de la Créature, qui sont l’expression de son égoïsme, de sa Volonté de Recevoir, vont être transformés en Volonté de Donner qui est la qualité du Créateur, ce qui le compose, son « programme ».

Dans le monde spirituel qui est au-delà du temps et de l’espace, la seule façon pour que deux objets soient considérés comme proches est qu’ils adoptent les mêmes propriétés, la même intention. Ainsi, la proximité ou l’éloignement est une question de similitude ou de différence. Notons que cela ressemble fortement à des propriétés quantiques.
La Créature, animée par son dernier désir incommensurable, va exprimer de plus en plus de Volonté de Donner par rapport à sa Volonté de Recevoir et ainsi se rapprocher du Créateur. Et en augmentant sa Volonté de Donner, un 6e sens se développe, autorisant à percevoir directement le spirituel sans transformation de l’information. Ce nouveau sens permet de comparer l’information subtile extérieure avec les qualités internes de la Créature et lui donner un manque nouveau : celui de connaître la lumière, d’en faire l’expérience.

Le Créateur et la Volonté de Donner

Tout ce qui n’est pas Créature est considéré comme Créateur dans la Kabbale, comme Volonté de Donner ou lumière. Tout l’univers est régit par cette intention, qui s’exprime par des forces, des lois physiques. En effet, en observant une oeuvre d’art, nous pouvons deviner l’intention d’un artiste. De la même manière, observer le monde permet de deviner l’intention commune à toute chose, l’intention du Créateur. Ce mot est donc à comprendre comme concept large selon moi.
Cependant, il est aussi dit que « ce qui ne peut être atteint ne peut être nommé », signifiant que ce qui appartient à la réalité supérieure dépassera toujours notre entendement et notre raison. Tout ce que nous pouvons faire c’est ressentir notamment via le développement du 6e sens.

Avec cette intention créatrice en tête, les événements dits négatifs pour un individu ou pour un groupe seraient en fait des « corrections », elles auraient pour but de réveiller la Volonté de Donner en nous, de créer le besoin de se rapprocher des propriétés de la lumière. Tout contraste sert à révéler la nature du Créateur par opposition à la Volonté de Recevoir. Ce besoin d’accueillir la lumière est pour la sagesse cachée la véritable définition de la prière : un état d’esprit, une intention, une ouverture à la lumière.

Voici les différentes étapes du cheminement spirituel de la Créature :

1 – Il est dit dans la Kabbale qu’un petit plaisir est éclipsé par un grand. Ainsi, la Créature qui aura expérimenté la joie de la lumière voudra y retourner, les autres plaisirs fugaces devenus insipides.

2 – Animée par le besoin de se rapprocher de la lumière, elle va donc au cours de son développement chercher à émuler la Volonté de Donner, corps et âme, jusqu’à s’oublier.

3 – Comprenant rapidement que cette situation n’est pas tenable, qu’elle n’est pas faite pour l’abnégation, la Créature va alors concéder d’accepter une infime partie de la lumière mais continuera à vouloir en émettre plus.

4 – Cette situation va durer jusqu’à ce que la Créature comprenne que le Créateur veut qu’elle reçoive sa lumière inconditionnellement, que c’est sa raison d’exister. La Créature atteint alors un nouveau stade dans son développement ; elle accepte de recevoir toute la lumière qui lui est donnée, mais elle l’accepte avec en tête une Volonté de Donner.

Ce dernier stade est nommé l’équivalence de forme : lorsque que l’action de Recevoir est animée par la Volonté de Donner, lorsqu’accepter le don de bon cœur et y prendre plaisir est en soit une forme de don réciproque. Un lien puissant s’instaure entre le Créateur et la Créature, cette dernière profitant du monde, de l’Univers pleinement et reconnaissant l’intention derrière sa beauté infinie.

Il est aussi enseigné que tout ce qui arrive à la Créature est l’intention du Créateur, que ce soit le doute, les corrections, les plaisirs ou la joie. La réponse de la Créature aux événements, son intention, son degré d’accueil ; c’est l’essence de sa liberté. De son libre arbitre. Selon les kabbalistes, « il n’y a pas de coercition en spiritualité ». La spiritualité est liberté.
Il nous est simplement impossible d’appréhender tous les tenants et aboutissants du monde des racines, des causes de notre monde de branches. Alors par définition le monde des conséquences est un monde illusoire, incomplet. Dans un monde illusoire, quel meilleur moyen de pousser la Créature vers la lumière que de se servir de son propre programme égoïste ?
Tout est connecté, tout fait partie du même arbre.
La Volonté de Recevoir peut animer l’action de donner et la Volonté de Donner l’action de recevoir. Une unité apparaît entre ses deux volontés, elles sont deux facettes d’une seule intention.

J’espère que vous avez pris autant de plaisir à lire cet article que j’en ai eu à faire des recherches et à l’écrire ! Comme dit précédemment, il faut une vie entière pour capter toutes les nuances de cette science du mysticisme alors pour conclure, selon la Kabbale, rien n’est dû au hasard. Tout ce qu’un Homme vit est une étape dans son développement spirituel pour se reconnecter à la réalité supérieure et à la lumière qui l’entoure à chaque instant mais qui échappe à sa perception. De plus, l’enseignement décrit précisément les étapes que la Créature franchit dans son cheminement et je suis toujours surpris de voir à quel point des disciplines ou des philosophies de civilisations anciennes peuvent se révéler justes.
Nous aurons l’occasion de revenir prochainement sur la Kabbale lorsque nous aborderons la géométrie sacrée.

En attendant prenez bien soin de vous et je vous envoie un déluge d’amour !

Namasté !

Flavien M.

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